You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Écrire un éditorial, c'est tenter de faire communiquer les mondes des auteurs à travers le hasard des articles reçus et acceptés, rassemblés dans l'espace d'un numéro, et reliés a priori par trois caractères : le premier, d'aborder une question dans une perspective psychanalytique; le second, d'avoir choisi de publier dans la Revue belge de psychanalyse; le troisième, de rencontrer les critères de fond et de forme du comité de rédaction.
L'exercice peut se concevoir sur le mode de la salade mêlée : quelques ingrédients de chaque article sont prélevés et liés aux autres, tout l'art de la cuisine résidant dans la sélection des saveurs, leur dosage et la manière de les lier. L'alternative, que je privilégie, procède par un temps d'infusion des articles, qui mijotent quelques semaines ou mois, sans que je ne m'en préoccupe particulièrement. Ainsi se forme une sorte de milieu interstitiel, informe et inconsistant, qui, dans les bons cas, est de l'ordre d'un fond de sauce, et, au pire, d'une sorte de bainmarie.
Pour ce numéro, le bain éditorial a pris l'apparence d'un lac pour faire surgir une jeune ondine, Rusalka, passionnément éprise d'un humain. Elle veut vivre cet amour et pour cela quitter son univers aquatique familial, laissant ses sœurs et son « petit papa », l'Esprit du Lac. Le passage s'avère périlleux et sans retour. La passeuse — Jezibaba la sorcière — lui prend sa voix en échange d'une apparence humaine. Le beau Prince succombe au charme de l'apparition, mais très vite la froideur lunaire de sa promise l'éloigne vers une rivale…
Rusalka délaissée, abandonnée entre deux mondes, refuse le geste qui pourrait lui permettre de retrouver la famille des ondines : le meurtre du Prince infidèle. Retrouvant trop tard la passion, celui-ci, désespéré, demande et obtient un baiser fatal.
Le monde lunaire des ondines est celui de l'immortalité, où l'on se meurt d'ennui; tandis que les âmes humaines accèdent à l'amour charnel, au pr