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Pour introduire mon propos, il m'importe de préciser les circonstances qui m'ont amenée à réfléchir à la croyance. Ce fut une invitation à participer à un colloque sur le thème « croyance et désillusion »1 qui me conduisit à me pencher sur ce concept. J'avoue mon hésitation avant d'accepter de m'engager dans pareille aventure. La croyance ! Terme éloigné des références métapsychologiques traditionnelles, absent des précieux « vocabulaires » ou « dictionnaires » de la psychanalyse. Terme qui évoque une réflexion plus métaphysique que métapsychologique. Cependant, en m'invitant, les organisateurs s'adressaient à moi en évoquant mes intérêts cliniques, argument qui ne pouvait que me toucher et susciter ma curiosité exploratoire : j'ai donc accepté cet exercice qui s'est avéré périlleux et passionnant. Périlleux puisqu'il implique pour l'analyste que je suis de m'éloigner des références métapsychologiques traditionnelles et donc rassurantes. Passionnant aussi que d'interroger l'intérêt d'un concept « non métapsychologique » qui, dès lors, a le mérite de décentrer la réflexion par rapport à des échanges soutenus par l'utilisation d'un vocabulaire consacré. J'étais attirée par l'idée d'envisager ma clinique psychanalytique sous l'angle d'une distanciation par rapport aux élaborations marquées par un tel consensus sémantique, facteur qui limite un réel renouvellement dans la façon d'envisager les phénomènes cliniques. Comme toujours, quand on s'attache à débattre d'un concept, on ne peut manquer d'être confronté à sa polysémie, aux différentes acceptions dont il est le support. La croyance, dans son usage « de tous les jours », est le plus souvent associée à des positions extrêmes dont l'utilisation peut être porteuse, celles des totalitarismes idéologiques et religieux attachés à la « pénombre associative » qui l'auréole. Les lectures des articles qui débattent du terme ne m'ont pas beaucoup aidée ! Là aussi, confusions, obscurités, contradictions. Il m'a donc fallu mettr