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Dès l'introduction de son livre, J.-P. Matot nous invite en tant que thérapeutes, parents et citoyens à nous pencher sur les questionnements et souffrances propres à l'adolescence en nous décalant de la perspective psychopathologique, en évitant le réductionnisme d'une approche uniquement socio-culturelle et en nous situant dans une ère transitionnelle entre le monde interne et le monde externe, entre la subjectivité et le socius. Il s'agit d'une perspective qui s'appuie sur deux principes fondamentaux de lecture de la réalité, celui de la déconstruction et celui de l'enchantement, et qui ouvre la voie à la symbolisation et l'appropriation d'un monde à soi. Le titre du livre qui contient ces termes a priori énigmatiques, résonne comme un rébus qu'on est appelé à résoudre en parcourant les parties successives de l'ouvrage, en s'appropriant progressivement la pensée de l'auteur et en tissant avec lui un fil qui permet de donner un certain sens dans le labyrinthe de l'existence humaine.
Dans la première partie (Le passage de l'adolescence) J.-P. Matot inscrit le temps et l'espace de l'adolescence dans le champ socio-historique. En effet, l'adolescence en tant que concept désignant une période de vie, apparaît à la fin du 19e siècle et acquiert le statut d'un espace entre l'enfance et l'âge adulte, et devient ainsi synonyme de processus de transformation psychique importants. Cette transformation du monde interne se forme « en homologie avec l'organisation sociale et le fonds culturel d'une société » (p. 15). Ce travail de transformation peut buter parfois sur le vécu douloureux d'une rupture brutale avec le monde environnant familier (voire maternel) comme ce fut le cas de jeunes conscrits que J.-P. Matot a rencontrés lors de son exercice de psychiatrie militaire en tant qu'« appelé ».
Cependant la dimension la plus importante de ce travail de transformation concerne les changements au niveau de l'économie psychique; changements qui sont tributaires de l'évolution social