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L'ouvrage de Gérard Bayle, qui développe son Rapport de 1996 au Congrès des psychanalystes de langue française, apporte une contribution indispensable à la réflexion actuelle sur les différents types de clivages, sur leurs manifestations dans le champ du fonctionnement mental normal et pathologique, et sur leur place dans les traitements psychanalytiques.
L'étude des clivages est d'emblée mise en perspective avec l'attention renouvelée accordée dans la réflexion métapsychologique à la notion, tardivement prise en compte par Freud, des défaillances de « la fonction synthétique du moi ».
Dès l'introduction, l'auteur expose les hypothèses qu'il va développer : la distinction entre clivage fonctionnel et clivage structurel; le fait qu'il n'existe « pas de clivage sans collage »; l'idée que « le cadre [de la cure psychanalytique] impose un clivage fonctionnel préalablement à l'usage qu'en auront le patient et l'analyste ».
Pour Bayle, les différents types de clivages sont le résultat de plusieurs modalités défensives, déni et idéalisation bien sûr, mais également refoulement : « il n'est pas de déni sans refoulement, ni de forclusion sans déni » (p. 23). Plus loin, il précisera que « l'apport énergétique du refoulement servira non seulement au maintien des clivages du sujet, mais aussi à ceux de ses partenaires pervers ou pervertis dans une topique groupale toujours plus ou moins présente » (p. 62).
Un des mérites du travail de G. Bayle est de repartir, dans les premiers chapitres, d'une définition de plusieurs concepts freudiens nécessaires à toute discussion rigoureuse : les clivages, bien entendu, dont il souligne qu'ils « ne sont pas des processus de défense mais les résultats, les effets de plusieurs d'entre eux […] Pour Freud, le processus défensif constituant est le déni, la défense constituée est le clivage […] l'association serrée des mots «déni» et «clivage» […] néglige l'importance de l'idéalisation et de la projection » (p. 39). Les clivages visent à abolir toute