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Il y a cinquante ans mourait Melanie Klein. Elle nous laisse en partage un héritage fabuleux dont la richesse se mesure au rayonnement de son œuvre et à la créativité audacieuse de ses héritiers directs. J'entends par là ceux qui ont eu la chance d'ětre analysés par elle. Citons en quelques-uns: Hanna Segal, Herbert Rosenfeld, Donald Meltzer et enfin Wilfred Bion, le plus révolutionnaire d'entre eux.
Grǎce à Melanie Klein de nouvelles notions incontournables enrichissent désormais la théorie analytique. Elle a, par ailleurs, jeté un regard neuf sur nombre de concepts freudiens fondamentaux.
Curieusement, si la psychanalyse actuelle ne peut faire l'impasse sur son œuvre, sa contribution reste pourtant sous-estimée, controversée, méconnue ou volontairement oubliée. S'il est de bon ton de se réclamer de l'œuvre de Freud, de Winnicott ou de Bion, il n'en est pas de měme en ce qui concerne Melanie Klein. En dehors du groupe kleinien, son influence - pourtant indéniable - est souvent passée sous silence.
Comment le comprendre? La personnalité de Melanie Klein y est sans doute pour quelque chose. Dotée d'une personnalité originale, elle ne laissait pas indifférent. Lorsqu'elles fréquentaient toutes les deux le divan de Karl Abraham, voici comment Alix Strachey sa sœur de divan, la décrit à son mari resté à Londres: «Elle est un peu cinglée, c'est tout. Mais il n'y a aucun doute que son esprit regorge de choses très intéressantes. Et elle a une charmante personnalité» (J. Kristeva, 2000, p. 11). Remarquons toutefois que ce cǒté «charmant» n'est plus jamais mentionné par la suite. Lorsque ses idées novatrices se heurtèrent aux analystes se réclamant de l'orthodoxie freudienne, il semble que la lutte menée pour défendre ses idées l'ait quelque peu aigrie. Comme le souligne sa biographe Phyllis Grosskurth (1990, p. 9): «Bien peu de femmes exerçant une profession libérale eurent à endurer autant de malveillance raffinée et de rumeurs acceptées comme faits authentiques que n'en ren