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Melanie Klein arrive en Angleterre en 1926, elle a alors 44 ans. Analysée par Ferenczi à Budapest, puis par Abraham à Berlin, elle a souhaité quitter Berlin après le décès d'Abraham dans un contexte conflictuel avec S. Rado et F. Alexander (Rodman, 2004). Ernest Jones, neurologue gallois qui avait rencontré Freud à Vienne en 1908, avait créé en 1913 une société de psychanalyse à Londres; il avait invité M. Klein pour une série de conférences puis soutenu son projet d'immigration, notamment parce qu'il souhaitait qu'elle prit en analyse sa femme et ses deux enfants (Rodman, 2004).
Winnicott, né en 1896 (il a donc 14 ans de moins que Klein), obtient son diplǒme de médecine en 1920; dès 1919, il s'intéresse à la psychanalyse, et entreprend en 1924 une analyse avec J. Strachey qui se poursuivra jusqu'en 1933; une analyse de 10 ans n'était pas habituelle à l'époque. Sa formation proprement dite commence en 1927 (avec une analyse d'un enfant «délinquant» et celle d'une fillette de 2 ans 1/2 ayant développé une anorexie à partir de l'ǎge d'un an).
La première rencontre de Winnicott avec Melanie Klein est liée à son analyse avec James Strachey1:
«Ce fut un moment important de ma vie lorsque mon analyste intervint au cours de mon analyse pour me parler de Melanie Klein. Il avait eu connaissance […] des tentatives que je faisais pour appliquer ce que je découvrais dans ma propre analyse aux cas des enfants qu'on m'amenait pour toutes sortes de troubles relevant de la pédiatrie […] Strachey m'affirma: «Si vous appliquez la théorie psychanalytique aux enfants, vous devriez rencontrer Melanie Klein […] Elle dit des choses qui peuvent ětre vraies ou non. A vous de voir par vous-měme, car vous ne trouverez pas dans votre analyse avec moi ce que Melanie Klein enseigne» (Winnicott, 1962b).
«J'allai donc écouter Melanie Klein, puis je la rencontrai. Je découvris une analyste qui avait beaucoup à dire sur les angoisses propres à la première enfance et je me mis à travailler avec so