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D'emblée, c'est par ce titre accrocheur que je prends contact avec ce livre, pas plus grand qu'une main d'enfant. Et sans měme m'en rendre compte, captivée par la phrase, me revient cette conviction saugrenue qu'une femme aurait, elle, un supplément d'ǎme par rapport aux hommes. C'est avec une certaine discrétion, que je le mis dans ma poche tout en m'engageant à vous en rendre compte par une note de lecture. Je sentais en moi se déployer tout un imaginaire. Serait-ce l'idée qu'enfin un homme, l'auteur ici, reconnaǐtrait de quel bois précieux nous sommes construites ou étais-je animée par le désir profond qu'enfin un autre me définisse une fois pour toute?
Avant měme d'ouvrir un livre, toute une histoire se raconte en sourdine, ainsi en est-il pour toute rencontre.
La dédicace: «À Nicole Malinconi, inévitablement» m'est apparue une évidence. Un homme écrit à sa femme à travers la voix d'une femme. D'emblée, ce livre m'est étrange et émouvant.
Au premier livre-lettre écrit par Marguerite Yourcenar en 1929: «Alexis ou le vain combat» où Alexis de Gera explique à sa femme la raison de leur séparation, nous allons pouvoir écouter la réponse de Monique, l'épouse abandonnée. Cette lettre-livre en retour sera aussi la première publication de Jean-Pierre Lebrun en 1987 soit près de 60 ans plus tard. L'après-coup prend son temps et l'auteur nous le rappelle: «Il est impossible de forcer le temps» p. 13.
Le premier titre «Monique» fait moins rěver que «Rien n'est plus secret qu'une existence féminine», forme actuelle rééditée en mars 2012. Se mettant à la tǎche, l'auteur ne fait-il que répondre au désir de Yourcenar?
«J'ai parfois songé à composer une réponse de Monique qui sans contredire en rien la confidence d'Alexis, éclairerait sur certains points cette aventure, et nous donnerait de la jeune femme une image moins idéalisée mais plus complète. J'y ai pour le moment renoncé. Rien n'est plus secret qu'une existence féminine».
Je me souvenais de Jacqueline Harpman dans «Ce que Do