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Nicole Malinconi n'est pas analyste, elle est romancière et analysante. La séparation raconte le parcours analytique de son auteur, parcours qui s'ouvre sur la séparation d'avec sa dernière analyste. Avant «Elle» comme elle la nomme, Nicole Malinconi a rencontré deux analystes masculins. L'ouvrage s'avère un document précieux dans la description des enjeux psychiques sollicités par des cadres différents. En effet, les deux premières expériences analytiques rapportées le sont avec des analystes lacaniens, l'un qualifié de «silencieux» l'autre «séances courtes». L'auteur décrit comment un tel cadre sollicite la préparation volontariste des séances pour profiter des «rares minutes», profit qui s'évalue à l'aulne du travail solitaire que préconisent les lacaniens. L'auteur évoque également le retrait de l'analyste qui ne va pas sans entretenir une certaine forme d'idéalisation.
Puis, ce fut «Elle», la femme analyste, offrant un temps de séance prolongé, paisible et accueillant, autorisant l'association libre, le silence, le doute, l'abandon. Cadre qui permet, bien qu'à une séance par semaine, le déploiement d'un attachement à partir duquel se revisite le «magma du début qui nous avait mělées, ma mère et moi». Se déroule alors l'histoire douloureuse d'un arrachement progressif entre une mère et une fille, ancrée dans les souvenirs d'une aliénation mortifère qui marquera au fer rouge le destin de la fille. Il est impossible de rendre la richesse d'un texte qui explore les mouvements du voyage analytique, texte qui brode les mots, beauté d'une écriture qui, dans un élan de dévoilement pudique, capte la singularité de l'expérience analytique. Et qui, au-delà des mots mais grǎce à eux, explore aussi «le premier temps d'avant les mots»… «au temps des seuls corps si proches, si inséparables, le mien qu'elle avait fait, qu'elle avait nourri, lavé, exploré, veillé, surveillé de crainte qu'il lui arrive quelque chose, tenu collé contre elle de peur de l'abandon…»
J'ai, pour ma part