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Lorsque, en 1995, je lus l'article de Green: Has Sexuality Anything to do with Psychoanalysis?2, j'en restai très marquée. Dans les années qui suivirent, je crus l'avoir «oublié», jusqu'à ce que, stimulée par ma réflexion sur certains cas cliniques, ce travail se représente à mon esprit; je crois que les considérations qui suivent montrent qu'il est toujours resté en arrière-plan.
Toutefois, il me semble pouvoir affirmer que, durant le travail analytique, j'ai me suis placée dans une position «neutre», dans l'état d'esprit de quelqu'un qui se laisse surprendre, consciente du risque (et de l'abus) qu'aurait comporté le fait de superposer une théorie «forte» à la condition des patients, et d'avoir retrouvé, après-coup, la composante spéculative et théorique.
Si je pense à notre première rencontre, je retrouve dans les beaux traits de Marguerite, dans sa tête baissée, dans sa petite silhouette frêle, qui ne concède rien à l'esthétique, un mélange de mélancolie et d'intransigeance. De sa gentillesse posée transparaît un mal de l'âme austère, sévère, comme une douleur retenue.
«Je ne peux pas continuer», murmure-t-elle.
Nous avons commencé une analyse à quatre séances par semaine; Marguerite avait alors 35 ans. La cure, qui s'est achevée il y a quelque temps, a duré douze ans.
D'origine française, Marguerite vivait depuis longtemps à M., où elle occupait une fonction importante qui cependant n'avait aucun rapport avec ses études et ses inclinations artistiques.
Bien que provenant d'une famille aisée, Marguerite vivait dans un petit appartement, décrépi, sans eau chaude, où personne n'était jamais invité. Complètement seule et, en dehors du travail, sans fréquentations.