You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Lettres vives est le titre français donné au recueil de lettres adressées par Winnicott entre 1919 et 1969 à divers correspondants. Et parce que Winnicott est tout entier dans ces Lettres vives, j'ai choisi de commencer par deux extraits.
Le premier est la lettre à Mme Neville Chamberlain datée du 10 novembre 1938, soit deux mois après les accords de Munich et le retour triomphal de Chamberlain accueilli par une foule en délire.
Chère Madame Chamberlain
Je suppose que le Premier ministre est trop occupé pour répondre aux questions, mais je veux savoir deux choses. Voudriez-vous essayer de répondre à ceci, car nous sommes nombreux à avoir un besoin urgent de réponses et à ne pas pouvoir les obtenir
En fait le Premier ministre est-il vraiment convaincu qu'une moins bonne gestion par quelqu'un représentant le vote majoritaire des citoyens est préférable à une meilleure gestion par quelqu'un qui assied son pouvoir sur la suppression de la liberté de pensée?
La phrase un peu alambiquée mais la question est ravageuse: Chamberlain pense-t-il vraiment que la démocratie est préférable à la dictature?
Deuxièmement pourquoi le Premier ministre ne mentionne-t-il jamais les Juifs? Les méprise-t-il en secret? En Angleterre, lorsque nous disons nous, nous incluons les Juifs qui sont des gens comme nous. Je ne lui demande pas d'ětre pro-Juif, mais je veux absolument savoir si oui ou non il est secrètement anti-juif… À présent il me semble bien que nous partagions secrètement la démence allemande anti-juive et ce n'est pas là que nous voulons que nos dirigeants nous dirigent.
Le second extrait est tiré d'une lettre à Hanna Segal de février 1952:
Je veux vous dire quelque chose à la suite de la réunion d'hier soir et j'espère que vous vous sentez assez forte. Sinon mieux vaut que vous remettiez la lecture de cette lettre jusqu'à l'arrivée d'un moment favorable […].
Je pense vraiment que de temps en temps pendant quelques minutes vous ětes formidablement outrecuidante et si par malheur vous pa