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Le viol, le fait d'ětre mangé par des cannibales, sont de simples bagatelles comparées à la violation du noyau du Self[…] On peut se demander: comment ětre isolé sans ětre coupé du monde?
L'objet de cet article est d'envisager les liens entre le concept psychanalytique de développement émotionnel aboutissant à l'adolescence et celui de survie psychique chez Winnnicott. Comme mon titre l'indique, je vais aborder les besoins de l'individu de communiquer et de ne pas communiquer, associés à la recherche d'un objet qui survivra. Le thème de la survie psychique se centre sur mes formulations d'un objet qui survit et d'un objet qui ne survit pas – des idées qui ont émergé de ma pratique clinique parallèlement à ma lecture de l'œuvre de Winnicott et en particulier de ses formulations tardives sur l'agression et la destruction.
Je suggère que le besoin primaire de communiquer est paradoxal, peut-ětre particulièrement à l'adolescence, mais également pour «l'adolescent clinique», c'est-à-dire l'adolescent qui est en chacun de nos patients et en nous-měmes. Ma réflexion concernera aussi la manière dont ce besoin de communiquer et de ne pas communiquer s'exprime à travers le fait de lire et celui d'écrire (qui mène à des publications). Elle inclura nécessairement l'examen de la distinction entre la création artistique et la signification de la créativité psychique – ce que Winnicott a appelé «vivre créativement». J'espère ainsi apporter une perspective convergente avec l'approche des auteurs de l'article sur Harry Potter (Durieux & Matot, 2012). Avec cependant au moins une divergence, liée historiquement à la controverse entre Winnicott et Klein à propos de la pulsion de mort.
Je vais donc commencer par quelques commentaires sur l'article en question.