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La lecture des travaux de Jacqueline Harpman a été pour moi une expérience à double tranchant. Comme le sont peut ětre toutes les expériences vraies, toute rencontre avec une œuvre engagée, qu'elle soit littéraire ou psychanalytique. J. Harpman aborde le littéraire à partir d'une position à deux faces: en tant qu'écrivaine, par l'auto-observation de son travail d'écriture, et en tant que psychanalyste-lectrice, par l'observation des effets de ses lectures sur elle-měme.
Le résultat est d'une complexité stimulante. Je commencerai par le deuxième volet.
En ce qui concerne le regard du psychanalyste-lecteur, le point de vue de Harpman est celui de Freud dans la Gradiva (Freud, 1907). La voie empruntée par Freud avait été de considérer cette nouvelle comme le récit d'un cas clinique. La démarche de J. Harpman est similaire: lire un certain passage, un chapitre, comme on écouterait une séance d'analyse (p. 36), en cherchant le latent qui s'infiltre dans la trame du manifeste, en essayant d'identifier les fantasmes inconscients qui donnent un autre sens, inconscient, au discours. En d'autres mots, la priorité absolue est donnée au texte. Ce faisant, J. Harpman rejoint certains courants récents de la critique littéraire.
C'est ainsi que J. Harpman, en discutant le premier chapitre de la Recherche, nous livre une certitude: les réponses à nos questions résident dans le texte (p. 31), pas dans la biographie de l'auteur. Elle se dégage ainsi de l'une des aspirations reconnues par Freud dans Leonardo (Freud, 1910) qui consiste a chercher «la relation entre les impressions psychiques et le cours de la vie de l'artiste et ses œuvres comme réactions à ces excitations», aspiration qualifiée d'ětre l'un des «plus attrayants objets de l'examen psychanalytique» (Freud, 1910).
En fait, si attractive que l'application de la psychanalyse aux œuvres littéraires puisse paraître, elle est cependant discutable. Déjà en 1907, Freud s'interroge au sujet de la validité de ses reconstructions. Sa c