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Comme le rappelle le préfacier, la notion d'ambivalence de la mère a été clairement posée par Winnicott, sans qu'il soit nécessaire de parler de psychopathologie. Amour et haine se côtoient autour du berceau et l'auteure va nous démontrer non seulement l'existence de l'ambivalence de la mère pour son bébé, mais aussi combien de son évolution va dépendre la capacité du bébé à se développer pour devenir un individu autonome dans sa famille et dans la société
Madame M. Benhaim est très attentive aux changements qui s'opèrent dans notre société et inscrit sa théorisation dans son évolution actuelle. La lecture de ce livre m'a fait associer sur le fait que dès la conception, la biologie témoigne aussi d'une forme d'ambivalence puisque dans les premiers moments de la grossesse le corps maternel réagit à la présence de ce corps «étranger» par la sécrétion d'anticorps visant à l'éliminer.
Le mérite de ce livre, quand on arrive à dépasser le style «lacanien» de l'écriture, consiste dans l'étude approfondie du destin de deux pulsions, amour et haine, présentes chez la jeune mère. Elle écrit: «L'ambivalence maternelle n'est pas un accident de la relation mère-enfant mais une nécessité structurante dont le manque induit lui-měme une pathologie». Elle distingue une ambivalence négative ou positive ou encore la haine sera «destructrice» et mortifère ou vitale et «structurante» (les guillemets sont de l'auteure). Elle suppose que le point d'origine de la haine est du côté de la mère et non du côté de l'enfant. À partir de là se pose la question de savoir ce qui va se nouer psychiquement dans la relation d'une mère à son enfant, et ce qui verra cette haine originaire se résoudre soit en haine vitale, c'est-à-dire se symboliser en amour maternel, soit en haine pathologique, c'est-à-dire évoluer dans le registre de «l'abandon».
M. Benhaim insiste sur le terme ambivalence et refuse l'idée d'une opposition entre l'amour et la haine car c'est à l'indifférence que l'amour s'oppose, pas à la