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Notre pratique psychothérapeutique nous confronte à des enfants et des adolescents très perturbés qui présentent des troubles du développement complexes, qui ne concernent pas seulement le psychisme mais également les domaines cognitifs et corporels.
À partir des travaux sur les nourrissons, sur l'attachement, et de la recherche biomédicale, ont été mis en évidence des rapports entre des soins précoces peu satisfaisants, des perturbations de l'intégration des informations sensorielles et des régulations neuropsychologiques, ainsi que des comportements désorganisés et une multimorbidité psychopathologique.
De telles données issues de ces domaines de recherche sont importantes pour la prise en charge de ces enfants et adolescents, car elles offrent, à côté des modèles psychodynamiques, des ouvertures nouvelles et fécondes, utiles à la compréhension et au traitement.
Elles sont en particulier contributives pour une psychothérapie d'orientation psychanalytique, dans laquelle un travail axé sur le développement se situe au point de rencontre entre les modalités de régulation (Beebe, Lachmann 2004, ), le décentrement , la mentalisation (Fonagy, Target 2002), la désomatisation et la symbolisation de communications agies (Streeck-Fischer 2006).
L'exemple de J, une adolescente de 17 ans, illustrera quelques problématiques particulières de la psychothérapie qui se rencontrent avec des jeunes très perturbés, et apparaissent ici déjà de manière très évidente lors du premier contact.
Si leur signification n'est pas reconnue, elles peuvent déterminer des impasses malignes dommageables pour le traitement.
J. avait déjà été à plusieurs reprises en traitement psychothérapeutique ambulatoire et hospitalier pour des états de panique récidivants, des abus de drogues, des comportements auto- et hétéro-destructeurs, des sentiments de déréalisation et de dépersonnalisation.