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À l'adolescence, la violence pubertaire menace l'adolescent d'une relative déliaison entre les affects et les représentations. Paradoxalement, l'accès à la puberté fragilise narcissiquement le jeune adolescent car il est autant fragilisé par l'étrangeté angoissante de sa métamorphose en devenir que par le retour de l'infantile et de l'archaïque.
Chez certains adolescents, cette inévitable confrontation avec l'inconnu de sa transformation subjective autant qu'avec un infantile refoulé-clivé qui se rappelle brutalement à lui peut mener à une menace de « rupture de développement » (Laufer M. & E., 1989). Celle-ci est sous-tendue par une menace plus inquiétante de désintrication pulsionnelle lorsque le narcissisme infantile est déjà trop fragilisé à l'abord de la puberté.
Le sujet pubère est alors en menace de collapsus de ses topiques internes, il n'arrive plus à négativer suffisamment l'archaïque. L'adolescent ne peut plus dès lors refouler, représenter, sublimer la métamorphose dont il est le théâtre. Dès lors, l'agir et le perceptif règnent en maîtres, par défense paradoxale contre l'excès pulsionnel inélaborable et contre la menace de passivation par l'objet (Jeammet, 1984).
Dans les cures d'adolescents, cette mutation se met en jeu dans des modalités de liens transférentiels - narcissiques et passionnels - très singulières, qui impliquent pour l'analyste un mode d'être et d'intervention qui s'accordent « suffisamment bien » aux enjeux et aux paradoxes de l'adolescence.
En effet, les transferts à l'adolescence ne sont pas que régressifs et infantiles, mais aussi actuels et « pubertaires » (Gutton, 1991). Cette double valence transférentielle s'inscrit dans une économie psychique complexe : économie de plaisir-déplaisir - centrée sur les conflits