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Aujourd'hui, les psychanalystes admettent généralement que les aménagements phobiques sont transnosographiques dans leurs significations psychopathologiques. On pourrait même dire que les phobies font souvent figure de « jokers » symptomatiques1 tant leurs fonctions défensives sont modulables, plurielles et parfois même totalement contrastées puisqu'elles peuvent se trouver au service des répressions non névrotiques comme des refoulements névrotiques.
Dans ce contexte clinique, comme le souligne A. Jeannneau (1997), l'uniformité apparente de la phobie telle que Freud l'a construite pour le modèle psychonévrotique à partir du cas princeps du Petit Hans (S. Freud, 1909) est trompeuse. D'une part, elle est mise en exergue car elle est historiquement située dans une œuvre soucieuse d'articuler entre elles les illustrations clinico-théoriques de l'hystérie de conversion et de l'hystérie d'angoisse. D'autre part, la conceptualisation qui est issue du cas Hans ne rend pas compte de l'ensemble de l'éventail phobique dont disposait cet enfant. En effet, les dimensions primaires2 et traumatiques de ses phobies sont laissées de côté puisqu'il s'agissait pour Freud, à ce moment clé de son parcours métapsychologique, de donner une cohérence épistémologique à l'Œdipe infantile comme organisateur structural de la névrose infantile et ses implications chez l'adulte.
Cependant, il n'empêche que Freud maintiendra ouverte sa théorisation des phobies, sans en aplanir les complexités qui épousent celles de la clinique et en la reprenant d'un bout (1895) à l'autre (1926) de son œuvre, pour la croiser avec ses trois conceptualisations successives de l'angoisse (B. Rosenberg, 1997). Ce faisant, il restera attaché aux nuances de la langue allemande : Angst pour l'angoisse, Furcht pour la peur et Schreck pour l'effroi (C. Cyssau, 1997), que l'on peut entendre, d'un point de vue économique, comme différents gradients de symbolisation de l'affect et de liaison entre affects et représ