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Ce livre est un hommage à Nathalie Zaltzman, décédée en 2009. Il permet de découvrir ou de redécouvrir cette psychanalyste d'envergure qui s'est, tout au long de sa vie, attelée au besoin « de rendre intelligible la réalité du mal » pour mieux en saisir « l'identité survivante ».
Pour Nathalie Zaltzman, il existe un lien étroit entre l'individu et le collectif au fondement même de la psyché humaine. Elle s'est arrêtée tout particulièrement sur le concept freudien de « pulsions de mort » et son pendant civilisateur « de Kulturarbeit ». Elle voyait « ce travail de culture » comme une des pierres angulaires de la guérison psychanalytique : le kulturarbeit aurait comme vocation de transformer les poussées meurtrières des pulsions de mort et serait le garant collectif du narcissisme individuel.
Être en contact avec une pensée analytique qui assume la question du mal et donc la question du meurtre « qui toujours se renouvelle parce qu'il n'est jamais admis », c'est témoigner d'un éternel mouvement où la remémoration, la répétition et la tentative d'élaboration ne sont jamais terminées, témoin incessant de la pulsion de mort au travail.
Dominique Scarfone rappelle que cette régression pulsionnelle n'est pas le signe de l'archaïque de la préhistoire mais de l'archaïque de tous les temps. Ce n'est pas quelque chose qui est derrière nous mais qui est en nous. La barbarie se comprend en opposition au travail de culture et advient quand il y a négation des besoins des uns sous l'emprise des autres.
Dans son approche, Nathalie Zaltzman met aussi l'accent sur l'importance du débat comme unique moyen de maintenir une psychanalyse vivante et de lutter contre les écueils de la banalisation du choc de la vie pulsionnelle et de la différence des sexes.
Mais revenons à ses écrits. La psyché anarchiste s'articule autour de deux textes fondateurs de « l'artiste » : La pulsion anarchique paru en 1979 et Qui est le barbare ? de 2008. Ils témoignent de 40 ans de réflexions dont le fil rouge sera