You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le corps n'est certes pas absent de la littérature psychanalytique ; il peine cependant à trouver sa juste place, à cesser d'être ce corps étranger dont les manifestations viennent troubler le cours des évènements psychiques.
Ainsi le corps des psychanalystes psychosomaticiens est-il souvent encore celui d'un « blanc » psychique, du côté de l'alexithymie ou de la pensée opératoire, un corps-machine déserté par les affects ; sur le divan, le corps des analysants, allongé comme un enfant dont il est implicitement attendu qu'il fasse la sieste ou joue tranquillement sans venir déranger la conversation des adultes, observe habituellement la consigne et tient la pose, s'immisçant tout au plus dans l'associativité du patient par quelques gargouillis, crampe, fasciculation, tachycardie, sensation de froid ou de lourdeur. De temps à autre, une toux rebelle, une oppression, voire une crise d'angoisse, sollicitent plus massivement l'analysant et l'analyste : le souffle psychique vient à manquer, la respiration de l'âme marque le pas, l'enfant s'est fait mal et appelle sa mère, il a soif ou doit aller aux toilettes…
En même temps, le corps est pensé, par la psychanalyse aussi, comme source de la vie psychique. Freud n'a pas cité Spinoza, celui pourtant des philosophes dont l'œuvre fait la plus grande place à l'« étendue » et au concept d'une unité psychosomatique. Lui pour qui toute pensée est pensée du corps développe une vision de la puissance d'agir, dont les variations s'inscrivent dans la dialectique des affects, entre action et passion.
C'est donc par une ouverture sur la philosophie de Spinoza (1632-1677) que ce numéro propose d'aborder le corps. L'article de Chantal Jaquet, philosophe familière de la fréquentation, tant de la pensée du philosophe hérétique que des abords cliniques des liens psyché-soma, fait partie des quelques articles de ce numéro qui sont issus des conférences du 7e congrès européen de l'Association européenne de psychopathologie de l'enfant et de l'ad