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Le corps - en psychanalyse - a longtemps eu (voire a encore) des odeurs de souffre, et on peut à certains égards parler d'une quasi phobie, tant théorique que technique, du corps chez nombre d'analystes et dans beaucoup des grandes œuvres de la psychanalyse post-freudienne. Didier Anzieu disait quant à lui :
« ce qui était refoulé du temps de Freud dans les discours individuels et dans les représentations collectives c'était le sexe… Presque tout au long du troisième quart du XXe siècle, le grand absent, le méconnu, le dénié dans l'enseignement, dans la vie quotidienne, dans l'essor du structuralisme, dans le psychologisme de beaucoup de thérapeutes […] ce fut, cela reste pour une grande part le corps comme dimension vitale de la réalité humaine, comme donnée globale présexuelle et irréductible, comme ce sur quoi les fonctions psychiques trouvent leur étayage » ([2] p. 43).
Chez Freud pourtant, la question inaugurale du corps et des liens corps/psyché est quand même beaucoup plus ambivalente, puisque si le corps vécu n'est, de loin, pas l'objet premier de son intérêt (voire est parfois le support de scotomes ou de représentations assez frustres), on ne saurait mésestimer la formation initiale du fondateur de la psychanalyse en neurologie, et l'ampleur de ses travaux pré-psychanalytiques, le parti pris « organiciste » (voire méta-biologiste) légendaire du fondateur de la psychanalyse, et bien évidemment la clinique inaugurale de l'hystérie et des signes et souffrances du corps comme creuset de la découverte de l'Inconscient.
Tout en rappelant donc ici la difficulté ambivalente de Freud à penser la corporéïté, et - entre le substrat organiciste du réel somatique et le corps imaginaire ou l'anatomie fantasmatique de l'hystérie et du rêve - sa difficulté à prendre la mesure et à s'approcher de l'épaisseur intermédiaire de la chair, du corps des éprouvés, des gestes et du corps dans la relation à l'autre (cf. la constitution du setting analysant da