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Les attaques corporelles fréquentes chez les enfants psychotiques et autistes mettent à rude épreuve les soignants : on les entend souvent déplorer le fait que ces attaques rendraient impossible l'engagement d'une psychothérapie groupale pour ces enfants violents à l'égard des autres et à l'égard d'eux-mêmes. Mon propos consistera au contraire à montrer que le travail thérapeutique va précisément s'effectuer à partir de la prise en compte de ces attaques corporelles contre autrui ou à l'encontre de son propre corps, avec l'hypothèse qu'elles contiennent des messages qui doivent être déchiffrés, et partagés avec les soignants, pour pouvoir faire évoluer ces conduites d'attaques corporelles.
Je me propose donc de montrer comment ces attaques corporelles, qui semblent considérablement gêner le travail thérapeutique, ont paradoxalement une fonction symbolisante, si toutefois les soignants parviennent à les doter d'une signification, mise en sens qui passe en partie par des formes de langage mimogestuopostural, par le déploiement dans la psychothérapie psychanalytique d'une associativité affectivo-corporelle.
L'idée principale développée dans cet article sera que les attaques corporelles correspondent à des tentatives de contact des enfants violents, et que le comportement violent peut s'atténuer grâce à des formes de jeu proposés par les thérapeutes. Les attaques du corps renverraient donc à un jeu ou des jeux qui n'ont pas pu se jouer dans la prime enfance, jeux dont la clinique permettra de saisir la nature.
Dans mon expérience, la clinique des médiations thérapeutiques, peinture, modelage ou médiations corporelles, apparaît particulièrement efficace pour atténuer ou faire cesser les attaques corporelles des enfants : il s'agira donc d'interroger cette clinique pour tenter de saisir les processus qui aboutissent à une transformation possible des attaques corporelles. Cette réflexion s'inscrit dans la perspective développée par R. Roussillon (2008), avec la proposition du