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Si le travail et la pensée psychanalytique aident à rendre non évident ce qui apparaît évident, comme Piera Aulagnier tenait à le souligner, ceci semble encore plus significatif et vrai en ce qui concerne le trauma, qui ne représente pas une catégorie pathologique en soi, mais un évènement qui peut traverser n'importe quelle situation psychique.
Si l'on accepte cette complexité, il devient clair qu'il ne faut pas opposer l'approche théorique du trauma à celle du fantasme, comme étant deux éléments théoriques alternatifs, mais que la pensée doit s'engager justement sur le difficile chemin de crête d'une intégration possible.
Le terme trauma, utilisé déjà depuis longtemps en médecine, dérive du grec, indiquant aussi bien la blessure que l'acte de blesser, et cette double acception, active et passive, reviendra comme un fil rouge dans notre développement. Je rappelle que dans sa traduction latine, trau-maticus signifie « lieu d'accès au soin », indiquant le double rapport entre le lieu de la blessure et le lieu d'ouverture au soin, mais aussi le passage, la rupture et en même temps la possibilité de transition. Je tiens à souligner ce double-sens inévitable car je reprendrai ces mouvements du point de vue de la temporalité.
C'est en 1920, dans Au-delà du principe de plaisir, qu'est reprise la définition économique du trauma comme déchirure conséquente au déséquilibre de l'économie psychique, puisqu'il produit un énorme afflux d'excitation qui met hors-jeu le principe de plaisir et contraint toute la psyché à s'acquitter d'une tâche prioritaire et plus urgente : celle de lier les excitations pour permettre une décharge différée et surtout pour éviter qu'elles ne dévastent le sujet.
Ceci donne au trauma une valeur bien plus grande et moins restreinte au contexte sexuel, même si cela ne s'oppose pas du tout, ni à la théorie bien connue de la séduction, ni au support fantasmatique du trauma, car le trauma n'est plus seulement un simple perturbateur de la théorie libidinale, ma