You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le « fraternel » auquel nous sommes régulièrement et inévitablement reconduits au travers des récits, mythes et légendes, ne se laisse approcher que depuis peu dans la littérature psychanalytique.
Freud cependant, en a parlé à plusieurs reprises dans ses développements théoriques. Ses allusions aux frères et sœurs sont nombreuses mais sont davantage orientées vers l'axe vertical de la relation parents-enfants comme dans le développement du complexe d'Œdipe. L'axe fraternel horizontal y est peu envisagé.
L'attention portée aux frères et sœurs se confinait prioritairement aux aspects tumultueux du lien chargé d'affects, de rivalité, de jalousie, d'envie. Ces affects ont été le plus souvent interprétés comme un déplacement de la problématique œdipienne qui ne pouvait se manifester au grand jour. Le frère ou la sœur était alors considéré comme le réceptacle disponible et plus discret de ces différentes motions affectives œdipiennes.
Mais n'est-ce vraiment que cela ?
Force nous est de constater que plus nous nous approchons du fraternel, plus nous en découvrons la complexité et la richesse.
En ce qui concerne l'origine de chacun, on est bien au clair : il faut une mère et un père (ou au moins leurs gamètes) pour naître. C'est bien cadré, et on connaît les conséquences dans la psychopathologie si confusions ou mensonges s'introduisent dans cet ordre-là.
Rien de tout cela avec les frères et sœurs : il n'y pas ces limites rassurantes. On est pris dans une chaîne de procréations fantasmatiquement illimitées. Il y a toujours un autre qui peut survenir, un plus jeune à naître, un demi-frère inconnu jusque-là, et tous les enfants potentiels qui ne sont jamais nés. Pourquoi tel ou tel enfant naît-il ? A-t-on été choisi, ou pire, a-t-on empêché la naissance d'un autre enfant, meurtri dans le ventre maternel ? Où sont tous ces enfants imaginaires, virtuels, si ce n'est dans l'inconscient de chacun ?
À l'inverse des parents, bien connus et repérables dans la plupart des cas, l