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Lire Michel de M'Uzan, c'est accepter de se laisser déranger, perturber même, en l'accompagnant dans sa quête des fondements de l'être. Si, en tant qu'analyste, nous n'arrivons pas à atteindre et à comprendre « l'inquiétude permanente », cet état fondamental de l'être, incertain et aléatoire, comment allons-nous pouvoir le débusquer, voire le déclencher au cœur des mouvements psychiques qui se jouent dans la relation transférocontre-transférentielle. C'est la question que nous pose Michel de M'Uzan tout au long de son dernier livre. Celui-ci peut se lire comme l'histoire d'une pensée complexe, libre, créative, qui toujours s'enracine dans la praxis. Il fait confiance aux ressources créatives toujours possibles de ses patients, et ce, jusqu'au moment du trépas. Pas de résignation, la vie jusqu'au bout.
Michel de M'Uzan est un penseur important de la psychosomatique et a ainsi donné toute sa place au facteur économique, déterminant du fonctionnement mental.
« La quantité, c'est ce qu'on sent tous les jours, dans sa chair. Et nous pouvons constater que les psychanalystes sont tout à fait à l'aise avec les points de vue topique et dynamique, mais pas du tout avec le point de vue économique. »
Voici ce qu'il affirmait déjà lors de l'entretien que j'avais eu avec lui, publié dans la Revue Belge de Psychanalyse en 1999.
Dans sa jeunesse, il fut écrivain, ce qui a suscité son intérêt pour la création littéraire, et s'il a produit ensuite et depuis des années des textes psychanalytiques, c'est parce qu'il fut habité par la psychanalyse.
Dans le premier chapitre, dialogue entre de M'Uzan et Pontalis sur les divergences entre les professions d'écrivain et de psychanalyste et leurs conséquences, de M'Uzan répond au niveau de ce qui constitue pour lui une incompatibilité :
« Je serais tenté d'en rendre les analysés responsables, ce qui peut être une façon de me raconter des histoires. Le fait est que leur présence est extraordinairement impérieuse. Ils drainent l'essentiel de l'intérê