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« Écrire sur le chemin d'une vie, sur ce qu'on a construit, sur ce qu'on a mis d'imprévu de soi et à travers soi, est une tâche où l'impossible côtoie l'idéalisé. »
C'est pourtant à cette tâche ambitieuse que nous convie l'auteure de ce livre, Anastasia Nakov, pédopsychiatre, qui retrace l'histoire et la construction d'un service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent qu'elle a animé plusieurs années.
Comme le rappelle Jean-Claude Guillaume dans la postface, ce livre nous propose de suivre la naissance d'un service de pédopsychiatrie dans les années 70, répondant aux objectifs de santé publique, évoluant à l'issue de la Seconde Guerre mondiale dans ce que l'on a appelé, en France, la Sectorisation, où il s'agissait dans cette logique « de mettre à la disposition des enfants et de leurs familles » au plus près de la vie des personnes, « des outils de travail issus de la pensée psychanalytique et des ses implications possibles au sein du jeu interdisciplinaire complexe d'une équipe de soins. »
La rédaction et la relation d'un telle expérience est importante pour donner un témoignage de ce qui fût, à certains égards, une épopée. Elle témoigne du travail stimulant mais aussi harassant de ceux qui, au plus près du patient, ont œuvré pour que le sens de la souffrance ne soit pas écrasé sous l'argument fallacieux de l'efficacité dans la lutte contre le symptôme. À ce titre, ce livre s'adresse aux nouvelles générations.
La naissance d'un tel outil de travail dérivait de la mise en cause d'un modèle asilaire qui écrasait le sujet sous une logique de fonctionnement qu'ont parfaitement décrite les historiens de la folie avec des patients réduits à la chronicité. Il n'était pas tenu compte de leurs « besoins psychiques réels ». La révolution - car c'en fût une - consistait à remettre au centre de la réflexion le sujet et la subjectivité du sujet, ainsi que celles des soignants et des équipes qui œuvraient à un tel projet en proie aux transferts et intertransferts immanquable