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Pour présenter ce très stimulant ouvrage d'Antonino Ferro, je vais passer en revue ses principaux points d'intérêt.
Le titre renvoie au fait que toute émotion, en soi, représente un débordement potentiel de l'appareil mental. Le problème n'est donc même pas qu'elle soit négative ou pas, mais qu'elle menace, comme une lave brûlante. Il faut donc - c'est une tâche fondamentale du psychisme - éviter l'émotion, ou du moins éviter l'émotion pas assez transformée. Le problème est que, souvent, cet évitement « congèle » l'émotion grâce à différentes organisations défensives qui, ainsi, dépassent leur but (la première de couverture de l'édition italienne du livre figure d'ailleurs… une allumette prise dans un glaçon). L'analyse aura donc pour but de permettre un accès plus modulé aux émotions - qui sont le sel de la vie - ceci, pour pouvoir les vivre de façon tolérable lorsqu'elles sont trop emprisonnées, ou trop explosives.
La pensée de Ferro, explicitement, prolonge celle de Bion et des Baranger. À partir du premier, il rappelle que le psychisme est, à la base, constitué d'éléments protomentaux et sensoriels à transformer en éléments alpha non encore pensables, mais qui peuvent être perçus physiquement (flashs visuels par exemple) et qui sont eux-mêmes en attente de pouvoir déboucher sur des narrations. Les histoires qui en naîtront seront ainsi les filets qui retiennent les émotions. Ces éléments naissent à la croisée de deux psychismes mis en tension transformative, chacun en même temps, dans le champ de la séance : celui du patient et celui de l'analyste. C'est là le seul matériau que l'analyste peut travailler : celui qui provient de cette rencontre.
Dès lors, les modalités défensives dont fait preuve un patient comptent moins que le degré de (non) transformabilité présent en lui. Le surplus d'émotion non traitable peut s'actualiser autant dans tel ou tel symptôme (le corps pour l'hypocondrie, le contrôle dans l'obsessionnalité, une représentation circonscrite dans la ph