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Voici un livre qui offre aux psychothérapeutes de toutes obédiences, ainsi qu'aux psychanalystes, une occasion et des éléments pour réfléchir à l'évolution de leurs pratiques.
En effet, l'ouvrage, écrit par un auteur qui se définit comme philosophe et psychanalyste, commence par poser de manière intéressante, dans une première partie, le problème du mal-être (occidental) contemporain ; il se poursuit par une critique des thérapies existantes, qui manque à mon avis en partie son objet, en tout cas pour ce qui concerne la psychanalyse ; il se termine par une troisième partie qui montre les limites de la thérapie « situationnelle » pratiquée par l'auteur et met en évidence, a contrario, la difficulté de repenser les théories et pratiques inspirées par la psychanalyse de manière à rencontrer les enjeux des évolutions sociales actuelles sans renoncer pour autant aux apports de la psychanalyse.
Concernant l'état des lieux, trois éléments fondent la démarche de Benasayag :
Un diagnostic, délivré dans les trois chapitres de la première partie : les sociétés occidentales évoluent depuis une trentaine d'années vers « un état, concret et durable, de dispersion et de chaos », générateur d'angoisse, d'insécurité, de perte de sens et de foi dans l'idée de progrès.
Une conviction :
« La psychiatrie et la psychothérapie alternatives sont plus que jamais nécessaires comme un point de résistance face à la difficulté de vivre dans un monde et une société qui nous apparaissent comme incompréhensibles et chaotiques. »
Et une critique qui nous concerne directement :
« La psychanalyse réagit […] en ignorant les grands changements anthropologiques de notre époque, dont le plus important est certainement celui de l'hybridation de la culture et du vivant avec la technologie. »
Les souffrances psychiques de l'homme « post-moderne » relèvent, selon l'auteur, d'une perte de « contact avec les couches profondes qui structurent notre être, en même temps que celui des autres », générant les sentiments de