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Tout au long de ce texte, notre attention se portera plus particulièrement sur un usage possible des diverses modalités du penser, leur intensification jusqu'à obtenir une saturation de la conscience. La pensée humaine se manifeste selon diverses modalités; le penser en images - le penser électif du travail de rêve -, le penser sensuel - celui des éprouvées érogènes -, le penser affectif - cette fenêtre qualitative du travail psychique -, le penser verbal qui se décline lui-même selon une immense diversité, depuis le penser concret, le penser poétique, le penser animique, le penser factuel, le penser associatif de séance - le double sens de la parole d'incidence -, jusqu'au penser abstrait des formulations scientifiques - le langage monosémique -.
Au-delà des spécificités de chacune de ces modalités du penser, un destin les concerne toutes, la tentative de réaliser une saturation de ce qui se présente à nous comme la face interne de la conscience sur laquelle la vie psychique se projette. Cette capacité d'accueillir la vie psychique et d'en informer le sujet, de lui en donner une endoperception, fait de la conscience, comme Freud a pu la nommer dans Le projet (1895), le sixième organe des sens.
Quand cette saturation réussit à combler la conscience, le sujet a le vécu subjectif qu'il n'existe qu'un seul monde. Cette situation est accomplie de façon banale chaque nuit par l'acte de rêver. C'est cette saturation que Freud évoque quand il écrit en 1938, « Le rêve est donc une psychose », avant d'ajouter, « Une psychose, il est vrai, de courte durée, inoffensive, et même chargée d'une fonction utile (…). Mais une psychose malgré tout (…) » (OCF.P XX, p. 265); c'est à dire la production d'une néoréalité avec la perte concomitante d'une autre partie de la réalité, celle produite ayant pour but de remplacer celle qui est déniée.
Cette saturation de la conscience par la voie endogène grâce à une production psychique, a une