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Dans cet ouvrage, François Jullien, sinologue et philosophe, tente d'éclairer par sa lecture de la pensée chinoise un potentiel qui, dans la psychanalyse, serait resté insuffisamment mis en évidence, parce que se situant en dehors du champ traditionnel de la pensée occidentale :
« Cet essai s'est conçu entre la lecture de Freud et la fréquentation de la pensée chinoise; ou disons qu'il a cherché à produire, à partir de leur écart, de l'entre entre eux. »
Il propose donc, à partir d'une connaissance précise - mais néanmoins globale - du texte freudien, cinq « concepts » - qui sont plutôt d'ailleurs des points de vue - mettant en évidence ce qui serait au cœur même de l'efficacité de la cure analytique.
« Freud a génialement produit des outils nouveaux au fur et à mesure du développement de la pratique analytique, mais ne subsiste-t-il pas dans l'ombre, impensé, négligé, relégué, « quelque chose » - le fameux « restant » - que cette pratique analytique met en œuvre, mais que le discours analytique, nécessairement enlisé dans des partis pris auxquels lui-même ne songe pas, a laissé de côté ? » (p. 11)
D'une part, Jullien pointe ce fait que la psychanalyse s'est construite dans un univers judéo-chrétien, où la notion du sujet est centrale, et qu'elle ne s'interroge pas suffisamment sur les limites que cela entraîne sur le plan de l'universalité de ses théories et des pratiques qu'elles organisent.
Mais, d'autre part, Jullien interroge les théories psychanalytiques au sein même de ce cadre judéo-chrétien, en ce que ses fondements culturels limiteraient la compréhension de ce que mettent en jeu ses propres pratiques : le lien entre la chose et sa représentation verbale; la dynamique du conflit; l'idée même de recherche d'un sens, d'élucidation, par explication (scientifique) ou interprétation (herméneutique); la fonction, attribuée à la pulsion, de dépasser le dualisme corps/esprit.
Il propose donc d'examiner la psychanalyse à l'aide de cet « extérieur » qu'est la pensée chinoi