You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Nombreux sont ceux qui aujourd'hui, devant ce qu'il est convenu d'appeler « la crise de la psychanalyse », soulignent la nécessité d'instaurer un dialogue réel et authentique entre la psychanalyse et les autres disciplines des sciences humaines2. Mais force est de constater que ce dialogue se fait attendre, et que du côté des psychanalystes, il tarde à être promu…
En effet, qui dit dialogue authentique dit aussi capacité d'accepter la critique, sans tenter de la dévier de façon « perverse », en attaquant l'adversaire ad hominem, par exemple, en affectant de souligner que ceux qui « attaquent » la psychanalyse souffrent de complexes non résolus3. Du fait de cette propension des analystes, nombre de critiques ou même simplement de questions à la théorie analytique, ont été balayées et ce, depuis les débuts mêmes de la psychanalyse4
Pour n'en prendre qu'un exemple, le débat entamé avec l'anthropologie a d'emblée très mal commencé, et les questions, cependant sensées et toujours actuelles, soulevées par Malinowski, n'ont jamais trouvé écoute digne de ce nom auprès des analystes. Lui fut renvoyé son propre complexe d'Œdipe, dont il était par ailleurs bien au fait. Néanmoins, on serait en droit de se demander pourquoi le fait qu'il soit « banalement » névrosé disqualifierait les questions soulevées par un collègue à propos de la théorie psychanalytique ?
Pourtant, par les temps actuels, les analystes, à l'écoute de leurs patients, sont de plus en plus désarçonnés par l'isolement dans lequel ils se trouvent et par les manques de leurs théories.