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Plusieurs situations d'enfants, d'adolescents et de jeunes adultes en psychothérapie m'ont conduit sur un chemin reliant certains aspects de leur problématique psychique et relationnelle, leur rapport aux écrans et donc aux images (principalement ordinateurs et jeux) souvent soumis à une forte contrainte interne, et un des processus essentiels des prémisses de l'identité qu'est le rapport au miroir dans le regard de la mère (dénommé avec peu ou prou de bonheur « stade du miroir » par H. Wallon, puis J. Lacan). Ce parcours peut ouvrir des pistes pour la compréhension de ces patients mais aussi quant à certains dispositifs de soins psychiques et leurs modalités.
Beaucoup de choses ont été déjà dites et écrites à propos du rapport aux « écrans » ou à l'offre « addictogène » que ferait le monde des technologies numériques et informatiques (T.I.C.). Écrans… ou boucliers de Persée affrontant Gorgone et autres Méduses comme le propose Francis Pasche (1971) dans son approche de la psychose ? Écrans qui isolent et coupent du monde, ou alors, aussi, fenêtre ou miroir, comme peut l'être un écran de cinéma ?
Je propose ici une piste pour tenter de comprendre en quoi une fréquentation intense des écrans T.I.C semble s'imposer à certains sujets, et en quoi il ne s'agirait pas toujours de repli ou de retrait dans un monde dit virtuel qui isole (l'écran supposé protecteur ou « isolateur ») mais aurait valeur de fenêtre.
Quelques situations cliniques évoquent en quoi ce rapport à l'écran rappellerait, voire ramènerait, au « stade » du miroir, ou plutôt à ces moments essentiels et fondateurs de la personne et de l'intersubjectivité primaire, moments intégrateurs au cours desquels le tout petit enfant, entre six et douze ou dix-huit mois, se découvre dans un miroir, surpris, troublé et attentif, souvent dans les bras de sa mère - ou d'un proche - elle-même émue de cette découverte mutuelle dans la proximité (voire la fusion de l'image) et, simultanément, la différenciation.
Le point de dé