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La question de la radicalisation violente et des actes meurtriers terroristes qu'elle génère interroge la manière de concevoir les liens entre la complexité des évolutions sociales (économiques, culturelles, politiques, idéologiques, historiques, sociologiques…) et la complexité de la construction identitaire et du fonctionnement mental des individus, en ce compris leurs avatars psychopathologiques. Cette interrogation ne concerne pas seulement les « psy-s » mais relève d'une véritable réflexion pluridisciplinaire prenant la mesure de l'étendue du désarroi contemporain. Les travaux consacrés à cette actualité très largement médiatisée de la « radicalisation islamiste » développent différentes thèses qui privilégient des grilles de lecture reflétant les champs de connaissances et les sensibilités idéologiques au sein desquels évoluent leurs auteurs.
L'enjeu dès lors est d'articuler ces perspectives partielles d'une manière qui à la fois favorise une appréhension globale de la complexité, mais qui permette également de faire évoluer les modèles et de construire de nouveaux paradigmes propices à l'adaptation et à la transformation des pratiques respectant les logiques propres à chaque domaine.
La radicalisation violente constitue en effet un point de rencontre entre plusieurs processus qui se situent à des niveaux différents de l'existence individuelle : le niveau de l'organisation de la personnalité, celui des liens familiaux, des groupes d'appartenance, celui de l'inscription institutionnelle et sociale (culturelle, économique, idéologique, religieuse, politique…). Différents axes d'analyse permettent de tenter de rendre compte de ces différents niveaux de « réalité », dont les degrés d'« objectivation » apparents ne doivent pas nous faire oublier qu'ils constituent de toute façon des constructions de sens fondées sur la sélection et l'organisation, plus ou moins convaincante, d'indices. Les « profils » des personnes engagées dans des processus de radicalisation violen