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Voici un livre intéressant et plein d'idées utiles pour quiconque s'occupe d'adolescents. L'auteure, Angélique Gozlan, est psychologue clinicienne, docteure en psychopathologie et psychanalyse, chercheuse associée à Lyon 2 et Paris 7.
L'introduction situe les grands thèmes de son propos : dans une perspective développementale, elle propose le néologisme de « virtualescence » pour mettre en exergue « l'intrication psychique entre le virtuel et l'adolescence » et désigner « le processus par lequel l'adolescent trouve au sein de l'espace virtuel un espace de transformation de ses conflits pubertaires ». Elle montre comment le dégagement de l'actuel pubertaire et du corps charnel que permet la « virtualisation du sujet » constitue une dérivation temporaire qui préserve l'omnipotence mise à mal par le pubertaire (elle se réfère beaucoup aux travaux de Ph. Gutton) et, dans les bons cas, ouvre dans un second temps de nouvelles perspectives d'actualisation adolescente.
Au passage, l'auteure précise que le virtuel, constitutif d'un aspect de la réalité, est intimement lié à l'actuel, et ne doit donc pas être confondu avec le possible, le potentiel, à venir.
Une seconde perspective, plus métapsychologique, est abordée lorsqu'elle souligne que la condition de possibilité de cette virtualescence repose sur la négociation d'un retournement de l'interne à l'externe qui s'opère lors du passage périlleux de l'intimité à l'extimité (terme forgé par Lacan, repris dans un sens différent par Tisseron) sur les réseaux sociaux - sur Facebook en particulier - lorsque l'adolescent dépose des parts de son intimité sur le réseau. Ce « moment de désintimité » comme l'appelle A. Gozlan est assimilé par P. Levy à un « effet Mœbius » potentiellement dépersonnalisant.
À titre personnel, j'ai évidemment été sensible à la perspective topique qui traverse tous les développements de l'auteure, dans lesquels j'ai trouvé des échos à mes hypothèses sur les espaces et les configurations du psychisme individu