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Le livre de Viviane Chetrit-Vatine nous amène à réfléchir à la question de l'éthique dans la situation analytique selon une perspective différente, innovante et que nous pouvons étendre à tout travail psychothérapeutique.
En appui et en articulant la pensée de Levinas avec sa conception de l'éthique comme responsabilité pour l'autre et celle de Jean Laplanche et sa théorie de la séduction généralisée, l'auteure pose d'une part que l'éthique ainsi définie est consubstantielle de la fonction de l'analyste et de la situation analytique, et d'autre part, que la situation analytique, avec le cadre et l'analyste au sein du cadre vont rouvrir et réactualiser la situation de séduction originaire chez le patient.
Elle propose également que les origines de l'éthique se situent dans le maternel féminin du sujet, point que nous ne développerons pas ici.
Cette conception d'une éthique de l'analyste définie comme responsabilité pour autrui vient questionner non seulement les dispositifs de soin proposés mais aussi notre écoute dans une élaboration contre-transférentielle continue, tenant compte de la réactivation immédiate de la séduction originaire dans la rencontre première avec le patient.
L'hypothèse de V. Chetrit-Vatine. nous rappelle que la rencontre de l'analyste avec le patient dans le cadre thérapeutique est grevée d'emblée d'une préhistoire chez ce dernier d'autant plus lourde qu'elle ne pourra se dire mais seulement se communiquer dans un en-deçà des mots, encore faut-il qu'il y ait un récepteur vivant, pensant en responsabilité.
Levinas écrit que la rencontre avec le visage de l'autre interpelle d'emblée l'humain, déclenchant sa responsabilité pour l'autre en raison de l'extrême vulnérabilité du visage de cet autre. Le visage étant pris comme métonymie de la personne humaine. Cette rencontre, en ce qu'elle est fondamentalement asymétrique, fonde la responsabi