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En 1985, André Green publie Des Mouches aux Mots, un article consacré à Jean-Paul Sartre, qui avait tiré sa révérence cinq ans plus tôt. « La mise en perspective des Mouches et des Mots permet, écrit Green, de montrer comment une œuvre peut porter la trace des structures subjectives de son auteur » (p. 350). Nous verrons que cette même mise en perspective éclaire certaines dettes de l'œuvre de Green à l'égard de celle de Sartre.
L'article, l'un des plus personnels et touchants de Green, démarre avec les Carnets de la Drôle de Guerre de Sartre, publiés à titre posthume en 1983, par « ce moment de rhétorique vertigineux (qui) est une sorte de méditation philosophique sur le trou et le concept de trou ».
Si Sartre conteste le caractère premier du sexuel freudien et la réduction du trou à l'érotisme anal, il en reste à la fois proche et éloigné : « le Monde est un royaume de trous… Je vois en effet que le trou est lié au refus, à la Négation et au Néant. Le trou, c'est d'abord ce qui n'est pas ».
Et Green d'interpréter « le trou qui suit » la naissance de Sartre, sa mère Anne-Marie mettant le bébé Poulou, malade, en nourrice pour se consacrer aux soins d'un mari à l'agonie, très vite emporté par une entérite.
La pièce Les Mouches est publiée et jouée en 1943, année de la parution également de L'Être et le Néant, où Sartre évoque l'alternative d'une psychanalyse existentielle. Green parle d'un « malentendu » de Sartre à l'égard de la psychanalyse, mais il note aussi que Sartre, contrairement à la psychanalyse, « s'est surtout intéressé au réel » : Green « oublie » ainsi le malentendu dont souffre encore et toujours la psychanalyse elle-même, y compris même dans les courants lacaniens, du fait de la confusion entretenue entre le réel et les réalités supposées internes et externes, ignorant l'identité de nature, intrinsèque à l'humain, de ces deux niveaux de « réalités ».
L'Oreste des Mouches, « je l'ai fait à mon image, non point tel que je suis sans doute, mais tel que j'aura