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Sylvie Le Poulichet continue à affiner l'exploration des registres de l'informe en psychanalyse dans son dernier ouvrage. Elle érige ainsi en art la communication entre la métapsychologie et l'écoute qui met en suspens le déjà su pour laisser émerger l'inconnu à chaque fois singulier issu de la rencontre entre deux «je» palimpsestes. Une écriture élégante et parfaitement fluide présente sept cures analytiques, qui témoignent de la magie d'un transfert capable de recomposer l'épaisseur d'un «espace temps corporel», mais aussi de reconfigurer des zones érogènes effacées et de redessiner les contours d'un Moi corps déformé par des traumatismes précoces. Le résultat de cette écoute ouverte à «la poiětikě grecque, désignant la vertu de créer et de fabriquer», est une créativité qui laisse éclore un plaisir de co-pensée, associé à d'inévitables crises de vertige, favorisant l'accomplissement des véritables «actes de naissance en analyse». Le potentiel créateur de l'analyse peut désormais se révéler puisque «l'analyste se fait lui-měme matière à transformer dans le transfert» (p. 135).
L'auteure convoque des auteurs comme Winnicott, Pontalis, Tustin, Haag, Searles ou McDougall, mais aussi Merleau-Ponty, Levinas et Michaux. Et la capacité d'innovation, qui traverse jusqu'au bout cet ouvrage, se reflète à la fois dans la théorisation et dans la posture clinique de son auteure, l'amenant à élaborer de nouveaux concepts. Se séparant radicalement de la conception déficitaire du symptôme et du stad-isme normatif qui hantent une certaine littérature psychanalytique, elle oriente son écoute vers les processus créateurs sousjacents aux manifestations insolites chez ses patientes. Ce qui n'est point anodin quant à la qualité du travail thérapeutique. La prérogative octroyée à l'énigme exubérante du symptôme en quěte d'une nouvelle adresse et la confiance donnée à l'incroyable plasticité du Moi corps conduisent à des devenirs transférentiels insoupçonnables, contrairement à une approc