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«On ne cherche pas à gaver un patient qui n'a pas d'estomac.»
Mais qui connaît Paulette Letarte, née en 1929 à Québec, Canada, et décédée en 2009 à Paris? Membre de la Société psychanalytique de Paris, elle succèda à Francis Pasche aux consultations de l'Hôpital Sainte-Anne. Cette femme rappelle que ce métier, cette vocation peut-ětre, est le fruit de nos propres blessures et de leurs élaborations: «On n'est jamais seul comme psychanalyste, on est rempli de nos traversées personnelles et professionnelles» énonce-t-elle d'emblée, laissant une grande place aux doutes et à la recherche de sens.
Avec cette magnifique simplicité canadienne agrémentée d'une rigueur clinique «à la française» sans intellectualisation, elle nous parle de l'intimité de sa clinique avec des patients états-limites et psychotiques. C'est avec tristesse que nous la découvrons posthume tant elle nous éclaire par la générosité de sa transmission à travers ses expériences et échecs thérapeutiques. Son approche questionne non pas la structure de personnalité, mais l'état d'inorganisation, ou plutôt le défaut d'organisation de ces appareils psychiques. La psychothérapie n'ayant pas pour objectif d'annuler la souffrance, le cadre fixé et l'objectif sont ainsi définis: «Comprendre ensemble ce qui vous est arrivé et pourquoi cela vous est arrivé à vous». Nous allons voir plus loin que chaque mot compte.
Dans les premiers temps de la prise en charge, l'installation d'une confiance de base prend toute son attention. D'emblée chez elle, l'espace thérapeutique cherche à devenir espace de jeu. Pour se faire, elle a recours aux sensations, aux gestes, à la texture des mots afin de rentrer en contact avec ses patients et tenter de trouver ou rendre aux mots leur valeur symbolique. Se pencher sur la création de l'espace intermédiaire, c'est aussi interroger la qualité des enveloppes externes comme internes ainsi que les défauts de différenciation des espaces dans ces psychismes carencés.
Cette lecture passionnante e