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La séduction, qu'elle soit amoureuse, narcissique, traumatique, hystérique, généralisée… est un « phénomène » universel et omniprésent. Elle touche autant le règne animal que l'humain, l'individu que les groupes, et se trouve convoquée dès qu'il y a relation humaine.
L'étymologie conduit à envisager deux significations principales pour le mot séduction : l'action même de sé-duire, c'est-à-dire de con-duire vers un ailleurs ou encore vers soi, et le résultat de cette action. Celle-ci comprend l'effet produit par la séduction et les moyens très spécifiques qu'elle emploie. La séduction se trouve facilement associée au pouvoir, à l'emprise, à l'abus et l'effraction.
À l'heure où les mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc dénoncent une séduction poussée à son paroxysme dans la destructivité du prédateur sur sa proie, y a-t-il encore une place pour parler d'une « séduction ordinaire » qui dynamise toute relation ? Un humain pourrait-il vivre sans séduire et être séduit ? Mais de quelle séduction s'agirait-il alors ?
Force est de constater qu'elle nous colle à la peau. Dès le berceau, l'infans comme la mère sont pris réciproquement dans une séduction qui sera le sédiment de leur relation et qui colorera toutes relations à venir. Jeu, force, pouvoir, plaisir, emprise… Comment nous approcher au plus près de cette « chose » dont le caractère polymorphe nous échappe bien souvent et dont les effets peuvent être, selon les circonstances, aussi redoutables que bienfaisants.
Le psychanalyste possède, sans conteste, les outils pour s'approcher au plus près du « séduire » qui appartient intrinsèquement à l'humain et qui agit et se vit dans toute situation clinique. Plus spécifiquement, c'est au cœur de la relation transféro-contre-transférentielle que se posent les interrogations sur les formes de séductions qui s'y déploient.
Nous laisserons le soin à Jacqueline Godfrind d'entamer ces réflexions par le « Destin de la séduction ». L'auteure remet à l'honneur la « sexualité infantile », co