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À la présentation clinique très riche de ce texte, je voudrais apporter deux réflexions. La première a trait à la répétition qui se joue dans le transfert et à la culpabilité éprouvée par la patiente, la seconde réfère à l'héritage. Bien sûr ces idées s'entremêlent et s'ajoutent à la pluralité des hypothèses qui nourrit ce texte.
1/ Assurément la défaillance maternelle, qu'elle soit dépressive, perverse ou autre peut plonger le nouveau-né dans une détresse agonistique, une terreur sans nom, un état de désaide au-delà du supportable. À 11 mois, Louise doit en plus faire face à la naissance de sa petite sœur et ses pleurs, ses troubles du sommeil comme son eczéma ne seront pas entendus comme des cris de désespoir mais seront matés par l'intransigeance maternelle. Cette situation évoque comme nous le rappelle l'auteure l'effondrement psychique décrit par Winnicott ou l'état traumatique primaire dont parle René Roussillon dans Agonie, clivage et symbolisation (1999).
Ce sont, écrit Roussillon (p. 19), « comme des états de détresse, des expériences de tension et de déplaisir sans représentation (ce qui ne veut pas dire sans perception ni sensation), sans issue, c'est-à-dire sans recours internes (ceux-ci ont été épuisés) ni recours externes (ceux-ci sont défaillants), des états au-delà du manque et de l'espoir ». Roussillon ajoute que le sujet se sent honteux et coupable de n'avoir pu faire face à ce à quoi il était confronté. C'est bien là la situation de Louise et cette honte primaire, cette honte d'être pourrait bien être première avant que ne s'y ajoutent la culpabilité liée au Surmoi cruel acquis par identification projective aux parents et/ou celle liée à l'ambivalence mélancoliforme dont parle Blandine Faoro-Kreit.
Les traces de l'expérience traumatique primaire de Louise vont se répéter avec Pierre et je fais l'hypothèse qu'elle ne peut quitter cette situation tant qu'elle n'a pas pu transférer le négatif de sa relation à sa mère. Quitter Pierre et se laisser répare