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« Transmettre un axe de recherche personnelle sans diluer sa propre pensée dans des considérations qui en arrondissent les angles, expose chacun à une critique qui peut paraître parfois passionnée. Mais n'est-ce pas la qualité essentielle d'une position originale que de stimuler une réflexion suscitée par le nécessaire travail d'intégration d'un point de vue nouveau, travail qui passe par l'analyse critique du point de vue exposé ».
(PLAIDOYER POUR UNE PSYCHANALYSE AMBIGUË)
Revue SBP - n°17, 1990)
Dès mon entrée à la Société Belge de Psychanalyse, la personnalité de Maurice Haber m'a interpelée, intéressée et touchée. Il fut pour moi un collègue et un ami. Sa vivance, sa curiosité intellectuelle, son humour faisait de lui un interlocuteur stimulant. Il aimait discuter, vivement parfois. Il pouvait avoir ce côté passionnel qui faisait de lui un homme engagé pleinement dans sa vie professionnelle et privée.
Il croyait profondément à la force de la pensée psychanalytique qu'il ne cessait de « remettre sur le métier » tant sur le plan de sa clinique que de ses responsabilités institutionnelles nationales et internationales.
Ses propositions étaient souvent novatrices ; il les mettait au travail dans les échanges avec les collègues et elles se réalisaient au niveau des changements institutionnels.
Ce qui me touchait chez Maurice, c'était sa recherche personnelle constante de cohérence interne ; on le retrouvait lui-même dans toutes les circonstances, y compris dans ses doutes, ses opinions, ses options, ses recherches scientifiques.
C'est ainsi qu'il construisait sa vie.
La relecture de certains de ses articles a confirmé cela.
J'en reprendrai schématiquement certains fils qui sont toujours actuels dans les échanges inter-analytiques.