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Un jour, Maurice me dit : « Un analyste qui travaille seul dans son coin est un analyste en risque de perdition ».
Comme je lui faisais remarquer qu‘être analyste était tout de même une activité fort solitaire, il poursuivit : « C'est indispensable de partager sa clinique avec ses collègues, c'est cela qui nourrit sa réflexion, sa pratique, et augmente son expérience sinon elle s‘étiole».
Je pense que ce besoin d'échanger a été chez lui une des raisons qui l'ont poussé à créer une revue de psychanalyse où chacun pourrait développer ses réflexions théorico-cliniques.
Le texte dont il est question ici en constitue un très bon exemple. Certes il y a de la théorie, solide, documentée, que Maurice enseignait si bien, mais il y a avant tout un analyste au travail qui partage sa clinique avec transparence, modestie, et une grande rigueur.
Je ne vais pas reprendre en détail le contenu d'un texte aussi riche, mais je souhaite insister sur quelques points importants qui s'en dégagent.
La littérature sur les fins d'analyse est abondante.
Deuil de l'analyste réel, deuil des investissements libidinaux et agressifs dont l'analyste fut l'à propos et le médiateur nous dit Maurice.
Mais ce qui est frappant dans son propos, c'est qu'il ne nous livre pas une série de « concepts-étiquettes » venu de la théorie, mais que tout ce qu'il décrit, chez l'analysant comme chez l'analyste, est toujours pensé en termes de processus et c'est cela qui parle au clinicien.
Que ce soit les critères de déroulement d'une analyse ou les critères de fin d'analyse, la description est toujours vue en termes dynamiques et économiques.
Qu'est-ce que l'analyste et l'analysant peuvent faire de ce qu'ils sont, de ce qu'ils font ensemble, que peuvent-ils en retirer, comment peuventils évoluer et quand l'analysant pourra-t-il voler de ses propres ailes ?