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L'article de Maurice Haber propose une réflexion à partir de fins d'analyse de patients narcissiques. Il attribue la brusque interruption du travail analytique de tels patients à un double déterminisme « le refus de renoncer à un idéal associé à l‘économie narcissique et la difficulté de montrer et de vivre dans la relation analytique les progrès et les changements dus à l'analyse ». Maurice Haber partage avec ses lecteurs l‘élaboration des vécus contre transférentiels induits par de telles ruptures. Avec sensibilité et pertinence, il insiste sur la nécessité pour l'analyste d'entériner la légitimité du souhait de l'analysant d'assumer une affirmation constructive en dehors de la présence de son analyste sans attribuer à la fuite le seul mobile de ce départ.
La prise en compte de la problématique des analysant dont témoigne Maurice Haber était certes prégnante dans leur décision de fin d'analyse. En relisant l'article, je me suis cependant demandé si une autre dimension encore n'intervenait pas dans la rupture qu'actualisait ces analysants, à savoir l'évitement de vivre les affres que soulevait la perspective de la séparation d'avec l'analyste, problématique dès lors d'un registre différent, registre précoce celui-là. «Vous ne verrez pas mes larmes » dit une analysante de Maurice Haber… En avançant cette hypothèse, je me réfère aussi à l'idée selon laquelle les structures dites narcissiques se construisent sur un besoin éperdu de colmater drastiquement un noyau de désespérance, de manque absolu, de gouffre existentiel que toute séparation risque de faire flamber. L'hypothèse que je propose n'est pas sans soulever bien des interrogations.
Une première question porte sur un sujet souvent débattu, celui des grilles de références métapsychologiques dans l'écoute de nos patients. Ces interrogations, nous les partagions Maurice et moi, ce qui m'autorise d'autant plus à en souligner l'intérêt suscité par l'article. Celui-ci date de 1988. Son actualité clinique reste entière.