You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Des fins d'analyse, avec divers analystes, Anna en avait fait un certain nombre. À moins que tout cela n'ait été qu'une seule et longue analyse traversée, scandée par des pauses. Elle arrêtait car elle n'avait rien à dire, plus rien à dire. C'est ce qu'elle se disait et disait à l'analyste à chaque fois. Elle partait aussi, car elle se sentait mieux. La réussite professionnelle qu'elle était venue chercher était réalisée. Des douleurs au ventre apparaîtront à la fin de la première tranche d'analyse qui seront qualifiées de symptômes hypocondriaques. L'analyste ne semblait pas la retenir pensait-elle. Partie, Anna se sentait libérée. Puis, peu à peu, le vide, un sentiment de « dépression où rien n'a de sens » apparaissait. Parfois s'y ajoutait un « drame », vécu comme « le sentiment qu'une chaise sur laquelle j'étais assise se retire brusquement ». Elle téléphonait alors à l'analyste, obtenait un rendez-vous. Elle pense alors que l'analyste a l'oreille, qu'elle est entendue. Avec les retrouvailles du divan et de l'analyse, Anna dit, raconte sa souffrance. Puis, peu à peu, les pensées comme les associations viennent à manquer. Elle n'a à nouveau plus rien à dire. Elle pense partir. En amont de son histoire, un traumatisme majeur, qu'elle évoquera en passant.
Dans l'article «Quelques réflexions à propos de fins d'analyses chez des patients narcissiques », Maurice Haber interroge le travail de deuil anticipatif chez le patient, comme chez l'analyste, alors que la fin de l'analyse est posée. Il souligne les difficultés voire l'entrave de ce travail de deuil en particulier chez les patients narcissiques. Cela a fait résonance avec la cure d'Anna aux multiples fins. C'est ce fil de l'article du côté du patient que j'ai choisi de développer dans cet écrit, laissant de côté d'autres axes de l'analyse de la patiente.
L'anticipation du deuil de l'analyste et de l'analyse viennent par frayages associatifs réveiller les deuils antérieurs, écrit en substance Maurice Haber. L'auteur