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Illusions et désillusions sont au cœur des mouvements psychiques de tout humain quand l'idéalisation conduit immanquablement à la dés-idéalisation. Mal nécessaire et tellement éprouvant que celui du désenchantement. Comment chacun appréhende-t-il et se remet-il de ces deuils nécessaires à sa croissance psychique ?
La psychanalyse elle-même, tant du côté de l'analyste que du patient, n'est pas exempte de ces mouvements qui transparaissent dans l’éclosion du transfert et du contre-transfert dans la cure. La violence et la barbarie, dont l'actualité se fait porteuse, ne nous épargnent pas de la désillusion quand nous vacillons sur nos certitudes d'une humanité possible et acquise à jamais.
En proposant « L'avenir d'une désillusion » comme thème de ce numéro, nous avons voulu susciter les associations les plus libres chez les auteurs qui tentent de se pencher sur ce travail psychique de désillusion, propre à chacun, et à tous, même et surtout quand culture et civilisation sont violentées.
C'est l'intéressant travail de Stefano Monzani « Les illusions déjouées » qui entame notre réflexion sur ce jeu incessant entre illusions et désillusions. En s'appuyant sur les textes de Winnicott sur l'origine de cette dialectique, il poursuit avec les apports de deux auteurs peu cités dans la littérature francophone, J. Steiner et R. Britton. Monzani développe l'idée que l'illusion est une nécessaire adaptation à la confrontation de « l'offense de la réalité » et le désillusionnement que celle-ci génère. « L'illusion, sur soi et sur la réalité, quelles que soient ses ruses et quelle que soit la forme qu'elle prend (déni partiel de la réalité, jeux identitaires comme la création d'avatars, duperie de soi, « contrecroyance », etc. ) est non seulement inévitable, mais souvent adaptative.» L'auteur nous emmène alors dans les différents mécanismes psychiques pour se soustraire à l'intolérable. L'illustration clinique, très finement développée, nous montre à quel point l’échec de