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P. Fedida disait que « la psychanalyse était par essence une expérience de l'absence (… mieux que …) tout ce que nous appelons psychisme est tissé par l'absence ». La célèbre observation de S.Freud de son petit-fils « Ernst » dans son non moins célèbre « jeu de la bobine » nous servira ici d'appui pour illustrer l'enjeu princeps et précoce du « travail de l'absence ». Un travail d'absence soutenant le déploiement de la psyché dans le processus même du « jouer », tendu entre corps et psyché et entre soi et l'autre psychique, dans l'articulation dialectique des modes et figures de la présence aux modes et figures de l'absence. Dans l'appropriation précoce de cette dialectique présence/ absence s'ouvre et se déplie un processus central de symbolisation/ subjectivation dégageant du gouffre de la perte et du vide le travail de l'absence, et ouvrant à un paradigme psychique qui définit notre épaisseur subjective et la singularité psychopathologique ultérieure de nos processus de séparation, de deuil et d'absence tout au long de la vie.
Mots-clés : Absence - Présence - Jeu - Symbolisation - Appropriation subjective - Ernst - Freud -