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Je souhaite, dans ma contribution à cette revue, étayer ma réflexion sur le matériel d'une cure aujourd'hui terminée et à laquelle je n'avais pas immédiatement pensée lorsque je me suis engagée dans la préparation de mon exposé. Et pourtant, la difficulté essentielle de cette analyse, sa butée, ont bien été massivement liées à la disparition des mots, et notamment à l'affaiblissement de leur pouvoir représentatif, au poids d'une réalité événementielle écrasante et aux effets de la conjonction de ces deux phénomènes sur le processus transférentiel. La voie que je vous propose d'emprunter suit le déploiement de l'analyse d'une jeune femme que j'appelle Flora, en référence à l'héroïne du magnifique roman de Joseph Conrad Fortune, pour tenter de cerner le passage vers « l'autre scène », vers sa création ou sa construction… L'idée que je voudrais soutenir — et dont je propose une formulation un peu simpliste pour l'instant — est que ce passage se dessine à travers l'enchevětrement des mots et des images pris en charge par l'analyste, dans ces situations singulières où il semble que l'analysant a été dépossédé de son théǎtre intérieur et qu'il ne dispose pas ou plus d'un espace privé, d'une intimité effective avec sa réalité interne. Au-delà des figures transférentielles qui lui sont assignées, c'est la capacité de l'analyste à endosser en quelque sorte les représentations et les affects qui ont déserté le discours du patient qui se trouve mis à l'épreuve: quelles potentialités associatives peut-il conserver au service de la pensée désincarnée — en apparence … de l'analysant? Et quels supports peut-il utiliser — au sens où Winnicott entend « l'utilisation de l'objet » … pour qu'adviennent