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La verbalisation par le patient des pensées et sentiments qui émergent pendant la séance permet l'élaboration par l'analyste de l'interprétation, (interprétation élaborative et élaboration interprétative). Cette verbalisation par l'analyste donne sens au discours de l'analysant et conduit à la remémoration/(re)construction du passé infantile refoulé. «Refoulé» est ici pris dans son sens le plus général de défense, et de ce fait il a une signification imprécise. Il permet néanmoins de désigner un passé dont les expériences entravent le présent (compulsion de répétition) et aliènent l'avenir. Aussi la verbalisation n'est-elle pas le seul mode opérant tant du cǒté de l'analysant que du cǒté de l'analyste. Dans un titre très heureux, Les mots pour le dire, Marie Cardinale rendait compte il y a plusieurs années du travail de son analyse. De son cǒté l'analyste permet, tant par son silence, que par ses interventions verbales que progresse ce travail psychique dont le but ultime est de permettre à l'analysant de s'entendre. Je comprend ici «s'entendre» au sens d'ětre à soi-měme son propre interlocuteur, et à celui d'une compétence - s'y entendre - pour faire la paix avec soi-měme. Il faut cependant ajouter à ce travail analytique une attention particulière pour la mise en place et le maintient du cadre qui rend cette séance possible. De nombreux travaux dont ceux de Jean-Luc Donnet (1995) en ont repéré plusieurs aspects.
A propos d'empathie l'étude de Jacqueline Godfrin-Haber et Maurice Haber montre bien l'infinie discrétion des mécanismes qui sous-ten-dent un changement du cadre. Cette altération peut n'ětre que passagère et suivre une rationalité indiscutable. Cependant, ces auteurs ont montré très clairement que les messages excitants qui viennent du divan (par exemple