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Monsieur LE President, Mesdames ET Messieurs
Ce n'est absolument pas un hasard si notre congrès, dédié à la psychanalyse de la haine et de la violence, se tient dans ce lieu historique où tant d'événements ayant marqué le destin de la Roumanie se sont joués et déjoués. Ils peuvent supporter une interprétation symbolique.
Jusqu'au dix-septième siècle, Cotroceni était couvert de grandes forěts feuillues. C'est ici que s'est caché, que s'est « cotrocit*», le Prince Şerban Cantacuzino. La retraite dans la forět peut facilement ětre interprétée comme l'image aboutie du refoulement. Plus tard, après avoir construit un monastère, ce prince humaniste a soutenu l'équipe qui a traduit pour la première fois la Bible. Une telle oeuvre, une telle traduction est herméneutique; ces lieux portent donc en eux le poids de l'interprétation, qui est aussi, celui de la psychanalyse.
L'histoire de notre ville, Bucarest, est une histoire violente. Elle a de nombreuses fois été détruite par des troupes ennemis, ou měme amis; elle été ébranlé par de puissants tremblements de terre et dévasté par des incendies effrayants. Pratiquement chaque génération bucarestoise a connu sa part de violence. Pour ne pas parler que de Cotroceni, il y a tout juste deux décennies, les restes du prince-fondateur ont été retirés de sa tombe, et l'église qui l'abritait détruite. Voilà un acting out via lequel la tyrannie exprime on ne peut plus clairement sa haine face à l'histoire.
Mais, comme la preuve véritable que ce qui avait été refoulé revenait, l'église, dont le marque au sol avait été conservée, a été reconstruite après que soit passé la calamité. La violence destructive a laissé place à un moment de reconstruction.
Nous pouvons donc supposer que ceux qui ont décidé du lieu de notre rencontre ont trouvé le lieu symbolique le plus approprié.