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Président de séance: Cléopǎtre Athanassiou-Popesco
Prof. Vasile Dem. Zamfirescu: La haine de soi chez les roumains
Prof. Catherine Chabert: La haine de l'amour
Discutants: Prof. Fausto Petrella, Vera Şandor
Dès que j'ai appris le thème de ce colloque, la haine de soi chez les Roumains s'est imposée d'un coup à moi en tant que sujet d'élection pour mon intervention. Après, je me suis expliqué la décision spontanée prise par l'existence préconsciente dans mon esprit de cette hypothèse: l'esprit du mal qui ravage les institutions et la vie privée en Roumanie ne serait-t-il pas justement la haine de soi?
Parfois, pas si souvent dans le passé, mais de plus en plus souvent après 1990, les Roumains ont ouvertement exprimé leur appréciation négative envers eux-měmes; c'est le cas d'Emil Cioran, qui, dans les années 30, dans son ouvrage la Transfiguration de la Roumanie, avouait avoir honte d'ětre roumain. Une telle conception assumée mène souvent à l'action. L'émigration en est une, et Cioran est devenu l'un des émigrés les plus connus. Certes, les événements de 1989 eux aussi, se sont alimentés du mécontentement de soi et ont conduit à la reconquěte de la dignité de soi en měme temps que la liberté.