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Vasile Zamfirescu a présenté un exposé très riche et nous a brossé un portrait des Roumains qui a dǔ lui coǔter beaucoup sur le plan narcissique et émotionnel. L'image des Roumains qui se dégage de son tableau met en évidence un trait assurément négatif, qui est la haine de soi.
Commenter sa relation m'est très difficile; d'ailleurs il est toujours difficile se prononcer sur la psychologie des peuples et sur les traits d'un caractère national, comme si la nation était une personne avec son caractère propre. Toute généralisation risque d'aboutir à l'approximation et au stéréotype social: le caractère des Italiens, des Juifs, des Américains etc.
En raison de mon histoire personnelle et des souvenirs transmis par mon père et ma mère, j'ai eu dans mon enfance et mon adolescence une vision très bonne, pour ne pas dire idéalisée, de la Roumanie telle qu'elle se présentait en 1930. Mon père, qui était un ingénieur italien du sud de l'Italie, était allé à Bucarest pour des raisons de travail et il y vécut de 1929 à 1935. Il décrivait les fastes de la ville à cette époque. Il se souvenait des merveilleux concerts symphoniques de Bucarest, de la beauté de la musique populaire, de la virtuosité des violonistes tziganes, des magnifiques acteurs du théǎtre juif de Bucarest. Il appréciait la grandeur d'Enesco, aimait Caragiale et évoquait certaines scènes comiques de son théǎtre, joué par d'excellents acteurs. Il me raconta měme que dans un journal important on pouvait lire, dans une rubrique hebdomadaire, les commentaires d'un écrivain à la mode qui faisait de la critique littéraire en s'inspirant de la psychanalyse. Il vantait aussi la bonne qualité des restaurants de la capitale et surtout sa pǎtisserie, qui selon lui était bien meilleure qu'en Italie.