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Il arrive que la perspective d'un exposé —surtout s'il s'adresse à des analystes, davantage encore s'il prétend traiter du transfert — provoque des mouvements psychiques qui ressemblent à ceux susceptibles d'ordonner le récit de rěves: une certaine analogie peut alors se dégager aussi bien dans des équivalences de restes diurnes, de rěveries ou de pensées anticipatrices ou passées, de souvenirs, de représentations et d'affects puisant leurs sources dans des lectures théoriques ou littéraires. C'est le rassemblement de ces fragments épars, aux dérives inattendues, qui me permet de mettre en place les échafaudages de mon propos en évoquant rapidement ses commencements.
C'est mon intérět pour la mélancolie, non pas au sens psychiatrique du terme mais telle que Freud en dégage le processus (en 1915, dans « Deuile et mélancolie ») et ma conviction que ce mouvement constitue un paradigme vivant, qui m'ont d'abord mobilisée pour approcher le thème de ce congrès.
Les prémisses sont relativement claires pour moi: le mouvement mélancolique convoque une logique narcissique, engagée d'emblée dans des modalités d'investissement de l'objet peu résistantes, on s'en souvient, répétées dans le transfert par la force du měme, voire de l'identique, et par la recherche constante de points de reconnaissance, d'images impérativement spéculaires. Que celles-ci soient tragiquement marquées par le négatif,